Là où on retrouve les bancs de l'école
Jour 5
Vous pensiez que la pâtisserie n’était qu’une question de pratique ? Détrompez-vous. Jeudi et vendredi, c’est théorie. C’est étrange de nous retrouver dans une salle de classe. Combien d’années se sont écoulées depuis que nous avons quitté le milieu scolaire ? Dix ans, vingt ans ? Plus encore pour certains. On se regarde en souriant, repensant à nos anciennes études, à nos jeunes nous. C’est étrange, également, de nous retrouver sans nos vestes et nos toques. On se redécouvre un peu, chacun avec son style et ses préférences et, pour les femmes, le plaisir d’avoir les cheveux lâchés. Une chose est sûre : nos chaussures de sécurité ne nous manquent pas.
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Quatre matières différentes nous attendent : technologie de la pâtisserie, hygiène, CEEEJS (connaissance de l’entreprise et de son milieu économique, juridique et social) et PSE (prévention, santé, environnement). On refait un tour de présentation pour nos professeurs, surpris d’apprendre que la plupart d’entre nous n’avons aucune expérience dans la restauration. On les sent parfois un peu mal à l’aise, incertains quant à la manière de se comporter avec nous. Il faut dire que c’est la première fois qu’ils donnent cours à une classe d’adultes ; ça doit les changer des 15-16 ans auxquels ils sont habitués. On parle de nos anciens boulots, de nos familles, de nos projets. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur nos compagnons, chacun décrivant un peu plus en détail ce qu’il a fait ou compte faire. Beaucoup ont des enfants, jeunes ou grands. Certains parlent d’envie de changement, de métier-passion, d'intelligence artificielle. D’autres voudraient ajouter une corde à leur arc, diversifier leur activité. Je suis impressionnée par leur parcours, leur motivation et leur ambition.
Les minutes passent et il est grand temps d’attaquer la matière. Mais d’abord… interrogation ! Pour le coup, on se sent vraiment à l’école. Le sujet retenu est la tarte aux pommes. “Facile, me dis-je, on l’a faite il y a trois jours.” Pourtant, je me retrouve à fixer ma feuille, fouillant dans ma mémoire les souvenirs qui devraient s’y trouver. Je ferme les yeux pour mieux me concentrer, tente de trouver un point de repère et… oui, c’est ça, on avait sablé le beurre et la farine. Le reste de la recette défile dans ma tête comme un film amateur et j’arrive plus ou moins à reconstituer toutes les étapes. Pour la cuisson, il faudra improviser.
Bref, la prochaine fois, je relirai mes notes.
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