Là où tout (re)commence
Jour 1
Aujourd’hui, c’est mon premier jour chez Ferrandi.
Je me réveille difficilement. Arrivée la veille très tard à mon Airbnb (merci le RER C), je resterais volontiers au lit pour grappiller quelques heures de sommeil. Mais non, il est grand temps de reprendre ma vie en main. Munie de ma lourde mallette remplie de spatules, de douilles et de pinceaux, un totebag contenant ma tenue et mes chaussures dans l’autre main, je prends le chemin de l’école. Alors que je marche, un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire me dépasse. Il est mince, plus ou moins de ma taille, les cheveux courts parsemés de fils argentés. Vêtu d’un pantalon de costume et d’une chemise bleu clair, il porte un sac à dos et marche d’un bon pas. Pour une raison que j’ignore, il retient mon intention, et je me surprends à l’envier. Il a l’air tellement décidé, tellement sûr de lui. Alors que je recommence ma vie, lui poursuit la sienne, imperturbable. "Est-il plus heureux pour autant ?", demande une petite voix dans ma tête. Peut-être pas. Étrangement, cela me fait du bien.
A l’école, alors que je patiente dans le hall, je reconnais vite ceux qui vont devenir mes compagnons de labo. Ce n’est pas bien difficile : nous sommes les seuls habillés "en civil", sans veste ni costume. On nous conduit dans une salle de conférence pour un café et un discours de bienvenue, et chacun s’assied à une distance raisonnable des autres : on n’est peut-être plus au lycée, mais on ne se connaît pas encore. Le responsable du campus, simple et bienveillant, sait nous mettre à l’aise. Les larmes me montent aux yeux quand il évoque notre groupe aux situations professionnelles et familiales diverses et me désigne de la main. Je maîtrise mon émotion, puisant un peu de courage dans la présence rassurante de Paprika à mes côtés.
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C’est vrai qu’il est hétéroclite, notre groupe. Quatorze femmes et hommes âgés entre 25 et 55 ans, originaires des quatre coins de la France et d’ailleurs, avec comme seul point commun (ou presque) leur amour de la pâtisserie. La sauce prend rapidement, et c’est dans la bonne humeur que nous enfilons nos vestes et nos tabliers pour notre premier TP. Ce sont les tartes qui ouvrent le bal. Pâte à foncer, puis pâte sucrée : nous passons l’après-midi à peser, amalgamer, fraser et… nettoyer.
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L’après-midi passe en un clin d'œil et, déjà, nous voilà de retour dans nos baskets, prêts à rentrer chez nous. Une journée qui s’achève pour une nouvelle vie qui commence.
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